Ghislaine Lenoir : Coach scénique au SDV


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Coach scénique au SDV, Ghislaine Lenoir accompagne les artistes en formation individuelle ou en stage collectif d’Aisance Corporelle. Un travail porté sur la légitimité et la construction de l’identité de l’artiste par le corps.

Passionnée, elle nous parle de son approche avec peps et humanité !


Tu es coach scénique depuis de nombreuses années. Comment es-tu venue à accompagner des artistes ?

A l’origine, je viens du théâtre. J’ai commencé par être comédienne-chanteuse puis j’ai créé une compagnie avec Jean Luc Lagarce et commencé la mise en scène, enfin je suis devenue assistante d’un chorégraphe. Pendant cette expérience, je me suis demandée ce qui me plaisait dans la direction d’artistes et je me suis rendue compte, qu’au delà du propos c’était l’expression du corps qui m’intéressait le plus. Je me suis alors formée, pendant 4 ans, à la Méthode Feldenkrais©. Une méthode basée sur la prise de conscience par le mouvement, à l’origine de l’amélioration de la posture, de la souplesse des mouvements et de la présence.

 

Pourquoi avoir choisi cette formation en particulier ?

Cette méthode a été construite par un physicien. Ayant moi-même une formation scientifique, je me suis tout de suite retrouvée dans cette approche cartésienne.

Selon Moshe Feldenkrais, l’inventeur de la méthode, l’apprentissage se fait dans la répétition. C’est donc, en prenant le temps d’observer ce que cette répétition fait sur soi que l’on progresse. Quoi de plus proche pour notre métier ? C’est un travail de prise de conscience. Il parle d’intégration fonctionnelle.

 

Ton travail est centré sur l’identité de l’artiste. Comment envisages-tu cela ? 

J’ai centré ma recherche sur le persona, c’est à dire une partie de soi-même que l’on peut utiliser et mettre en distance pour communiquer sa proposition artistique en toute conscience. Nous travaillons, avec l’artiste, sur ses particularités qu’il met, petit à petit, en avant dans son interprétation et qui vont finir par définir son identité. Mon travail réside dans l’accompagnement de l’artiste à construire cette identité. Avec l’expérience, je dirai qu’au commencement existe l’émotion (réaction physique de courte durée) qui répétée donne des sentiments ceux-ci entrainant un comportement.

Je me suis rendue compte que la période la plus compliquée dans la vie d’un être humain est l’adolescence. Une période de construction ou bien souvent nous enfouissons des comportements, des attitudes pour se faire accepter socialement. Mais, ces émotions restent et deviennent ce que je nomme « le petit monstre ». Je me rends compte qu’à chaque fois qu’un artiste à envie de s’exprimer, c’est le monstre qui sort ! Cette chose qu’il a fait taire pour rentrer dans la société, pour exister. Lors d’un coaching, je fais en sorte que l’artiste et son « petit monstre » se rejoignent. Mon approche n’est pas thérapeutique, ça n’est pas de l’art thérapie. Je cherche simplement à faire reconnaître cette petite chose qu’on pensait négative et la révéler pour qu’elle devienne un moteur positif de la création.

 

Comment appréhendes-tu le coaching d’un artiste ? 

Tout d’abord, je me renseigne sur lui, j’écoute son projet, regarde ce qu’il met de lui même sur les réseaux sociaux. En séance, je commence par l’observer chanter sur quelques titres. Je cherche à voir comment il bouge, il fonctionne et surtout ce qu’il recherche. A partir de ça, le travail commence à s’orienter.

Un artiste ne va pas forcément me dire : « je me sens mal à l’aise » mais plutôt « je ne sais pas quoi faire de mes mains ». Mais le propos n’est pas les mains. On s’aperçoit très vite que c’est le reste du corps qui est bloqué et que seulement les mains peuvent bouger !  Le travail se fait alors au sol, sur une chaise ou debout. Puis, petit à petit, par l’échange, je pointe les blocages corporels de l’artiste et l’amène à se libérer. Très souvent, c’est à ce moment que des souvenirs arrivent et sont verbalisés. A partir de là, l’artiste peut utiliser cela au profit de son interprétation, de ce qu’il a envie de dire. Un processus qui conduit à la légitimité de se produire sur scène devant un public. C’est très rare qu’un artiste me dise : « je ne me sens pas légitime » ; hors la vraie question est là.

 

Tu accompagnes Arthur du groupe Feu! Chatterton, peux-tu m’en parler ?

Je travaille avec lui, de manière occasionnelle, depuis un an et demi. Je l’ai notamment accompagné sur ses dates au Bataclan, en avril dernier. Arthur souhaitait pouvoir maîtriser son corps et son interprétation. C’est quelqu’un de généreux qui se donne à 100% sur scène. Il se sentait très fatigué et avait besoin d’être guidé, pour savoir comment doser son énergie. Nous avons travaillé sur ses limites et la manière dont il doit les gérer.

 

Tu animes des stages d’Aisance Corporelle au SDV, avec des thématiques particulières. Le prochain, le 26 mai, est sur l’auto-censure gestuelle. Que s’y passe-t-il concrètement ?

Le stage est un véritable atelier de recherche. Nous commençons toujours par une séance au sol, sans intention particulière. L’après midi, nous travaillons sur le thème du stage. Il arrive parfois que je dévie de la thématique, en fonction des besoins exprimés par les artistes.

La dimension collective est très importante. C’est fondamental que chacun puisse voir et observer la libération du corps dans l’interprétation. S’abandonner devant les autres peut faire peur mais comme tout le monde est bienveillant, cela est très fédérateur. C’est un vrai partage.

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