#Stage "Mouvements respiratoires" avec Monique de St Ghislain


Interview

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Intervenante au SDV depuis près de 20 ans, Monique De Saint Ghislain accompagne de manière individuelle, de nombreux artistes dans la préparation de concerts, l’enregistrement d’albums… Elle exerce également son activité dans différentes structures de formations pour artistes et en conservatoire où elle forme élèves, professeurs, musiciens, chanteurs, danseurs… Au fil des ans, elle développe une pratique de « conscience corporelle » basée sur les différents arts et méthodes somatiques auxquels elle s’est formée.

 

Pour la première fois au SDV, elle animera un stage collectif où elle propose un travail sur la mobilité respiratoire avec pour objectif l’aisance du geste vocal. 


Bonjour Monique peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Monique De Saint-Ghislain, je suis pédagogue, formatrice de formateur et coach formée à différentes méthodes de conscience corporelle : méthode Alexander©*, yoga, arts énergétiques, AFCMD (Analyse Fonctionnelle du Corps dans le Mouvement Dansé). Je propose une pratique où je synthétise et je relie les différentes méthodes que j’ai étudiées et appliquées. 

C’est quoi la conscience corporelle ?
C’est être conscient des fondamentaux, qui sont pour moi : le corps, la respiration, les appuis, l’affinement des perceptions…
Ce corps est le support de notre expression. Il a sa propre vie, ses règles de fonctionnements. En avoir conscience enrichit et affine les pratiques artistiques et donne accès à de nouveaux possibles.
Être conscient de ses mouvements c’est aussi pouvoir choisir sa couleur gestuelle et vocale.
Comme le dit Moshe Feldenkrais©**: « Si je sais ce que je fais, je fais ce que je veux. Si je ne sais pas ce que je fais, je fais ce que je peux ».
Dans le travail que j’entreprends avec l’artiste, la question posée est : comment toute expression, toute émotion s’incarne dans la dynamique globale du corps ?

Comprendre le besoin de l’artiste est essentiel pour l’accompagner dans cette prise de conscience…
Effectivement, j’ai besoin de comprendre exactement le besoin de l’artiste, de savoir quelle est sa demande. Je prends le temps d’échanger avec lui, de l’observer et de percevoir comment les différentes dynamiques corporelles et respiratoires sont mises en jeu dans son geste artistique. Si elles favorisent, restreignent ou bloquent son expressivité, le passage émotionnel ? Quel est son imaginaire ?
Ma pratique va permettre à l’artiste de se « réaccorder » avec lui-même et d’aller explorer, expérimenter des « nouveaux territoires ». Souvent, nous fonctionnons de manière très habituelle voire automatique. Ce qui limite considérablement l’éventail de tous nos possibles. Mon rôle est d’aider l’artiste à dépasser ses restrictions en lui ouvrant des perspectives non soupçonnées, afin qu’il puisse déployer son potentiel à sa juste mesure.

Sur quelles genres de problématiques travailles-tu avec les artistes ?
Voici une situation que je peux rencontrer dans l’accompagnement d’artiste, un.e chanteur.euse vient me voir et me dit : « mon son est dur, je n’arrive pas à passer avec aisance dans les aigües, que ce soit en voix de poitrine ou en voix de tête, je me sens tendu ». Je regarde alors comment la personne « s’organise dynamiquement » entre sa tête et ses pieds, quelle relation elle a avec ses appuis, quel tonus elle engage pour effectuer ce geste vocal et comment la respiratoire y participe.
En fonction, je choisi soit des exercices adaptés, soit une guidance manuelle ou vocale qui vont l’inviter vers d’autres fonctionnements plus efficaces tout en aisance.
Il s’agit également de favoriser un équilibre vertical qui nécessite le moins d’effort possible afin de libérer la mobilité et la fluidité du souffle. 

Concrètement, comment travailles-tu avec les artistes ?
Je travaille beaucoup le rapport au sol et l’équilibre posturale. Cette assise et cette organisation verticale sous-tendent l’ensemble de la motricité. Alors comment être debout avec un moindre effort pour favoriser une tonicité adaptée dans la dynamique vocale ?
Nous sommes obligés de considérer les réalités physiologiques, les lois de notre environnement… et chacun s’organise avec ces réalités de manière singulière. Il ne s’agit donc surtout pas de se figer dans une « bonne posture » mais de prendre conscience : A quel endroit le geste me demande-t-il le moins d’énergie pour qu’il soit efficient ? Où suis-je le mieux soutenu, en sécurité pour trouver une fluidité dans le mouvement, dans la voix ? Comment je me sens ? Et suis-je en adéquation avec mon intention?
Pour développer ces prises de conscience, ma pratique invite l’artiste à affiner ses perceptions..., à tendre vers une  «écoute sensible » de lui-même. 

Quels sont les bénéfices d’une prise de conscience corporelle sur le geste vocal ?
Le geste vocal est un geste intérieur et demande des coordinations corporelles et respiratoires variées et complexes. En affiner l’écoute et la maîtrise permet d’une part de prévenir l’inconfort voire les blessures vocales et d’autre part d’amener une liberté dans la voix et le souffle.
Les pratiques proposées vont toujours passer par l’expérimentation, par un vécu sensoriel. Véritable chemin de l’intégration et de l’appropriation. Les éléments liés à la technique vocale peuvent dès lors se clarifier et l’expressivité trouver une envergure dans sa diversité.
Le corps est l’instrument du chanteur. La matière corporelle a une incidence sur la matière vocale.
Les qualités vibratoires du son sont en interdépendance avec la souplesse et la mobilité des différents tissus corporels.
Favoriser la « plasticité » des tissus permet une mise en résonance corporelle optimale

Peux-tu me parler de ton approche qui intègre différents enseignements et méthodes somatiques ?
Je viens de la danse et de la musique. J’ai ensuite découvert les arts martiaux, le tai-chi et cela a été une vraie révélation pour moi ! J’ai « plongé » dedans pendant une dizaine d’années ainsi que dans la médecine chinoise et le massage. J’y’ai découvert, entre autre, la notion de « globalité - d’unicité » : l’être fonctionne de manière globale, non séparé de son environnement et des autres. Fin des années 80, je me suis formée à la méthode Alexander©* et j’ai exploré toutes les méthodes somatiques possibles et imaginables. Je me suis ensuite formée au yoga puis j’ai suivie une formation nommée : AFCMD « Analyse Fonctionnelle du Corps  dans le Mouvement Dansé ». Cette méthode croise des données théoriques - scientifiques qui régissent le mouvement avec l’expérience sensible et kinesthésique. Elle permet d’affiner la qualité d’un geste en précisant les trajets corporels utilisés en cohérence avec l’intention du mouvement.
Transformée et enrichie par tous ces « multiples voyages », j’ai mis en œuvre un accompagnement qui permet à l’artiste de potentialiser ses propres ressources.

Quels sont les exercices que tu vas faire avec les artistes lors du stage ?
Ce stage est collectif. Je vais donc faire un travail global avec le groupe mais qui sera aussi très personnalisé. Je tiendrai compte des demandes et des besoins de chacun. Le stage s’articulera autour du dialogue, de l’écoute et des interactions entre chacun.

J’aborderai d’abord le lien entre l’organisation posturale et respiratoire dans différentes positions. Allongé, debout, en marchant, en bougeant, en chantant afin que chacun puisse éprouver l’engagement corporel et respiratoire de manière spécifique.
Il s’agira, par des exercices simples et précis, d’explorer la mobilité du souffle en lien avec le mouvement et de repérer également les mécanismes restrictifs, les tensions, les efforts inutiles. Ensuite, expérimenter comment cette fluidité respiratoire, cette souplesse des tissus va avoir une incidence sur la texture vocale et sur le répertoire propre à chacun.
Pour terminer, voici une phrase du Dr Guy Cornut (phoniatre) qui définit bien la thématique du stage: « C’est subtil de combiner ce que l’on veut faire pour des raisons artistiques et ce que la nature veut faire pour des raisons de réflexes vitaux respiratoires. Donc il y a un apprentissage à faire mais qui se fait plus dans le domaine du ressenti que dans le domaine du volontaire ».

*la Méthode Alexander n'est pas une thérapie, mais un mode d'éducation somatique, que l'on peut également appeler rééducation posturale ou rééducation psychomotrice. Selon le créateur de cette méthode, Frederick Matthias Alexander, la façon dont nous utilisons notre corps (ce qu'il appelait « l'usage de soi ») peut contribuer à la santé ou, au contraire, lui nuire. Or, tous les êtres humains ont de mauvaises habitudes de posture et de respiration – des automatismes - qui entraînent un grand nombre de problèmes : maux de dos et de tête, fatigue, limitation respiratoire, manque de souplesse, etc.
 

**Moshe feldenkrais est l’inventeur de la méthode Feldenkrais, une prise de conscience par le mouvement, à l’origine de l’amélioration de la posture, de la souplesse des mouvements et de la présence. Le dialogue entre le ressenti et notre cerveau via le système nerveux est la source d’une meilleure attitude, grâce à une curiosité toujours plus aigue de notre fonctionnement. Cette curiosité est l’outil le plus enseignant pour notre renaissance dans un corps souple, animé et disponible.

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